La hausse du prix l’électricité en 2020 : pourquoi ? Comment ? Combien ?

Aujourd’hui, nous allons voir en quoi l’investissement dans les panneaux photovoltaïques est une bonne alternative face à l’augmentation des prix de l’électricité.

Pour commencer, trouvez ci-dessous l’historique des augmentations sur ces 50 dernières années : cela correspond à presque 50% d’augmentation.

1. Pour savoir pourquoi l’électricité augmente, nous allons d’abord voir comment est calculé le prix de l’électricité.

Il y a trois éléments qui composent la facture d’électricité :

  1. Une partie fixe qui correspond au prix de votre abonnement HT, qui varie en fonction de la puissance de compteur souscrite et de l’option tarifaire choisie (base, heures creuses, EJP ou tempo) ;
  2. Une partie variable qui se rapporte au prix du kWH HT, différent selon l’offre souscrite que ce soit EDF ou un autre fournisseur  ;
  3. Les taxes d’électricité qui s’ajoutent à la part fixe et variable HT.
  • des coûts supportés par tous les fournisseurs, comme l’accès aux réseaux de distribution par exemple,
  • les coûts variables du fournisseur, qui sont ceux liés à l’approvisionnement, à la production, les coûts commerciaux, les marges retenues, etc.

C’est sur cette dernière variable que les fournisseurs jouent pour accroître l’attractivité de leur offre puisque les marges retenues vont avoir un impact direct sur le prix que vous allez payer.

D’autre part, les prix du kWh HT sont additionnés à deux taxes et deux contributions :

  • la CTA – Contribution Tarifaire d’Acheminement : qui finance les droit d’assurance vieillesse aux travailleurs relevant du régime IEG ;
  • La CSPE – Contribution au service public de l’électricité : elle est réglée par tous les utilisateurs du réseaux et permet de financer les charges liées aux missions de service public de l’électricité ;
  • La TCFE – Taxe sur la Consommation Finale d’Electricité : elles sont définies par les communes et départements ;
  • La TVA – Taxe sur la Valeur Ajoutée : elle est de 5,5 % sur le prix de l’abonnement et de 20 % sur la partie consommation.

Pour obtenir le tarif TTC du kWh appliqué sur les factures d’énergie, il suffit d’additionner les taxes et le tarif HT.

Maintenant que l’on sait comment le prix de l’électricité est déterminé, alors nous pouvons nous pencher sur la question de la raison de son augmentation au fur et à mesure des années.

2. Une augmentation démesurée en 2019

En juin 2019, une première hausse est à noter : +5,9%.
Pourquoi ? La hausse du tarif de vente réglementé (TVR). Celui-ci correspond au prix proposé par EDF à travers sont offre tarif bleu.
Ainsi, près de 25 millions d’abonnés sont impactés si ce n’est pas tous les abonnés car de nombreux fournisseurs se basent sur ce tarifs bleu pour déterminer leur prix.

En Août 2019, une seconde hausse de 1,23%.
Pourquoi ? Cette fois-ci la faute à la hausse du Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (TURPE).
Ainsi, pour cette seconde hausse du prix de l’électricité : personne ne passe en travers. En effet, le TURPE finance l’entretien du réseau et sa modernisation (ex : l’enfouissement des lignes électriques, l’élagage des arbres en bordure de lignes, la protection du réseau face aux aléas climatiques, etc.)

La hausse en 2019 est alors de 7,2 %.
Chez les utilisateurs, cela représente en moyenne une augmentation
annuelle sur leur facture d’électricité de +120 €.

3. Parce que l’adage « jamais deux sans trois » n’est pas toujours un mythe, on repart pour deux tours en 2020.

En février 2020, une nouvelle hausse « herculéenne » de 2,4%.
Pourquoi ? Le PDG d’EFD souhaite séparer en deux ses activités afin de faire face à leur dette abyssale et d’isoler le risque financier de leurs activités nucléaires. Ce projet nommé « Hercule » a donc pour but de renationaliser l’activité nucléaire, et privatiser le reste.

En Août 2020, une seconde hausse de 1,82%.
Pourquoi ? Cette fois-ci, il est question d’une augmentation des coûts d’acheminement de 3,4% en moyenne ; de la baisse des coûts de commercialisation de 0,06% TTC, provoquée par la hausse de la contrepartie financière que Enedis donne aux fournisseurs pour la gestion de clients ; et la baisse de la constante de rattrapage à +0,37% TTC. Cette constante est mise en place pour rattraper l’écart important qui existe depuis 2 ans, entre le coût de l’électricité et son tarif.  

4. Les prix de l’électricité vont-ils continuer à augmenter ?

Sans aucun doute, c’est un OUI.
Pourquoi ? Car malgré ce que la majorité pense, l’électricité tirée du nucléaire n’est PAS bon marché. En effet, les investissements futurs sont très largement sous-estimés par l’État et EDF alors qu’ils sont colossaux, comme nous allons le voir. Et à votre avis qui paye ces investissements ?

  • Par exemple, le projet  » Le Grand carénage » va faire exploser les compteurs. Ce projet consiste à, premièrement, augmenter la durée de vie des réacteurs de première et deuxième génération qui arrive aujourd’hui à leur fin de vie. Et deuxièmement, à renforcer les normes de sécurité suite à la catastrophe de Fukushima.

L’estimation des coûts par EDF sont de l’ordre de 65 milliards d’euros.
Pour la Cour des Comptes, il avoisinera plutôt les 100 milliards d’euros sur 20 ans.
Pour l’association Greenpeace, elle avance le montant titanesque de 224 milliards.

  • D’autres projets peuvent être cités pour lesquels l’État et EDF ont très mal jugé les coûts.
    – Le chantier de l’EPR à Flamanville : il a déjà 7 ans de retard et ne devrait pas être terminé avant 2023. Son coût ? Alors qu’il devait durer de 2007 à 2012 pour un coût total de 3,5 milliards d’euros, il coûtera enfin de compte pas moins de 19 milliards d’euros selon la Cour des Comptes .
    – Cigéo : nom donné à l’enfouissement des déchets dits « à vie longue » (radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années) à plus de 500 mètres de profondeur dans le sous-sol d’une commune en Meuse. Son coût ? pour l’État, EDF devra dépenser 25 milliard d’euros pour ce chantier. Mais selon l’Agence nationale du traitement des déchets radioactifs, il faudra qu’EDF compte au moins 34 milliards d’euros pour ces travaux.
  • L’augmentation des prix sur le marché de gros
    Début 2018, les prix de l’électricité sur les marchés se sont envolés pour atteindre 58 €/MWh.
    Ainsi, les fournisseurs alternatifs à EDF, n’ont pas eu d’autres choix que de se ruer sur l’électricité d’EDF (à 42€/MWh) par la suite épuisé, avant de continuer d’acheter sur le marché de gros et donc de faire flamber les prix. Face à l’augmentation du prix sur le marché, les fournisseurs, EDF compris, n’ont d’autres choix que d’augmenter leur prix s’ils ne veulent pas mourir et crouler sous les dettes.

    Cette augmentation ne s’arrêtera malheureusement pas là. En effet, le prix des quotas d’émission de CO2 s’est brutalement envolé, afin de limiter les trop (encore) nombreux énergéticiens européens à avoir recours aux énergies fossiles pour produire de l’électricité. En outre, de plus en plus de pays sortent du nucléaire ce qui déclenche la fermeture de réacteurs, entraînant des tensions à la hausse sur le marché .


L’augmentation des prix de l’électricité ne risque pas d’arriver dans un avenir proche.

5. Comment éviter de subir cette augmentation ?

  • Solution Long terme : Grâce aux panneaux photovoltaïques, gagnez en indépendance énergétique ! Un foyer peut réaliser jusqu’à 50 % d’économies sur sa facture d’électricité.
  • Solution moyen terme : Optez pour une offre à prix indexé, qui garantissent un pourcentage de réduction par rapport aux tarifs réglementés de l’électricité.
  • Solution court terme : Souscrivez à une offre à prix fixe durant la durée de votre contrat. Ainsi, pas de surprise.